Publié le 12 juin 2026
Cinq membres du Collectif « Stoppons l’extension » et des associations ERB, APPCL & AEPI ont été mis en examen en mars 2025, suite à une plainte pour diffamation déposée à Brest par Monsieur Philippe Bizien et sa société SARL Avel Vor à Landunvez.
Rappel :
La décision du préfet du Finistère, qui a signé un arrêté de régularisation de l’extension de l’élevage porcin industriel, a provoqué un vif émoi en 2022-2023. Une indignation collective s’est manifestée pour dénoncer ce qu’elle estimait être un mépris flagrant des décisions de justice, alors même que le tribunal administratif de Rennes avait annulé cette extension en 2019, et que la Cour d’appel de Nantes avait confirmé cette annulation en 2022.
Le Collectif considère que cette plainte constitue une procédure bâillon, visant à réduire au silence des voix qui critiquent et dérangent. Les cinq personnes mises en examen ont manifestement été choisies en raison de leur présence sur une photo accompagnant un article du Télégramme, relatant l’une des opérations du Marathon du Cochon organisé en août 2023 par le Collectif “Stoppons l’extension”.
Au cours des différentes étapes de ce marathon sur plusieurs plages de Landunvez, un tract a été distribué par plusieurs dizaines de bénévoles. La plainte concerne le contenu de ce document.
Pour le Collectif, les informations énoncées dans ce tract proviennent directement de données scientifiques établies ou des dossiers transmis au Tribunal par l’éleveur industriel lui-même.
Nous ne comprenons pas en quoi le contenu de ce tract serait répréhensible.
(Nous ne pouvons malheureusement pas vous le partager… cela est interdit. Mais en fouillant dans vos archive vous pourrez le constater de vous même.)
Malheureusement, les procédures bâillon sont devenues récurrentes en Bretagne, où plusieurs journalistes en ont déjà été victimes.
Face à la multiplication de ces procédures, le droit européen a évolué ces dernières années, renforçant la protection des lanceurs d’alerte.
Ces procédures bâillon coûteuses sont menées par des acteurs disposant de ressources financières conséquentes, attaquant dans notre cas des citoyens aux ressources limitées engagés au sein d’associations elles-mêmes fragiles financièrement.
Ces associations signataires sont solidaires de leurs cinq membres.

C’est pourquoi nous mettons en place une campagne de financement participatif :
Lien vers appel à dons
QRcode :

Les membres du Collectif n’ont pas l’intention de rester passifs ; ils ne se laissent pas intimider et continuent à lutter pour la reconquête de la qualité des eaux en Bretagne.
Le Collectif Stoppons l’extension d’Avel Vor et les associations ERB, APPCL et AEPI
Avec le soutien de France Nature Environnement Bretagne et Greenpeace


Qu’est-ce qu’une procédure bâillon ?
“Une procédure-bâillon, ou poursuite-bâillon, intimidation judiciaire ou poursuite stratégique contre la mobilisation publique est une action en justice lancée par une entreprise, une institution ou une personnalité publique, visant à intimider et à faire taire un journaliste, une ONG, un démystificateur, ou lanceur d’alerte et/ou à entraver sa participation dénonciatrice politique ou militante dans la sphère publique. Il s’agit le plus souvent d’une poursuite civile en diffamation, laquelle ne vise pas tant une victoire devant les tribunaux, qu’à faire taire la cible, en l’exposant à un épuisement financier en raison de procédures coûteuses et souvent longues, en outre jouées à armes inégales (procès inéquitable).
Le plaignant attaque généralement un ou quelques individus isolés, ou des organismes de petite taille, généralement, — selon la CNCDH (2025) et la Direction de l’information légale et administrative — via « une plainte en diffamation, la dénonciation calomnieuse, le faux et usage de faux, la violation du secret de l’instruction ou encore l’apologie du terrorisme, et, dans le domaine du droit civil et commercial, la violation du secret des affaires ou encore les infractions au code monétaire et financier ».” Wikipedia
Les premiers article relatant ces procédures pour prétendue « diffamation »
Le plaignant a le droit aux honneurs de la presse locale au lendemain du lancement de notre appel à dons, ses témoignages sont livrés dans le Ouest France et le Télégramme.
« Plus de neuf ans que je suis harcelé » ; » J’ai porté plainte car depuis neuf ans, ces associations me harcèlent judiciairement et moralement avec bien souvent une vérité a minima tordue, voire mensongère. Ils me calomnient. «
Vite un mouchoir, on va pleurer… Nous, associatifs bénévoles, nous serions donc des menteurs, des harceleurs et calomniateurs.
Ce n’est pourtant pas ce que les décisions de justice successives ont conclu depuis l’extension controversée d’Avel Vor…
Jugement de 2019 annulant l’arrêté préfectoral autorisant l’extension de l’élevage industriel Avel Vor
Jugement de 2021. La cour d’appel de Nantes confirme le jugement de 2019, l’arrêté d’extension est définitivement annulé.
Jugement de 2023 condamnant l’ARS Bretagne à recalculer tous les classements des plages bretonnes depuis 2016 pour avoir « tripatouillé » les classements. Le classement des plage de Landunvez étaient bel et bien erronés !
Il semblerait que nous ne soyons pas que des menteurs et des affabulateurs.
Le tribunal administratif de Rennes aura très bientôt à se prononcer sur la légalité de l’arrêté de régularisation de 2023.
Cette extension est une aberration écologique.
Il est normal que les personnes ayant une conscience écologique se battent pour faire respecter le droit et la nature. C’est tout sauf du harcèlement, c’est de la légitime défense !
